Les 4 profils face à l’IA : miroir des marketeurs
Pour poser le décor, Sylvain Montmory propose une grille de lecture simple et parlante : quatre profils types face à l’IA, dans lesquels beaucoup de marketeurs peuvent se reconnaître.- Les Robinson : ceux qui se sentent peu concernés. Ils ont vaguement entendu parler de l’IA, mais la perçoivent comme un sujet lointain, qui ne “concerne pas leur métier”. Ils subissent déjà des algorithmes (réseaux sociaux, recommandations, publicités), sans réellement comprendre comment en tirer parti.
- Les Astérix : ceux qui s’y opposent frontalement. Ils ont parfois testé un outil, ont constaté des erreurs ou des approximations et ont rangé le sujet dans la case “pas fiable / dangereux”. Ils craignent la perte d’emploi, les biais, la déshumanisation de la relation client.
- Les Iron Man : à l’inverse, ce sont les enthousiastes absolus. Ils délèguent massivement des tâches à la machine : réponses à des emails, production de contenus, participation à des réunions via des assistants IA. Le risque : une déresponsabilisation progressive, une baisse de l’esprit critique, et une confiance excessive dans les sorties des modèles.
- Les Centaures : ce sont ceux qui combinent intelligemment compétences humaines et puissance de l’IA. Ils utilisent les outils pour aller plus vite, explorer plus large, produire mieux… tout en gardant la main sur les décisions, le jugement, la créativité et la dimension relationnelle.
Pourquoi l’IA ne remplace pas les marketeurs mais les augmente
Un des points centraux développés par Sylvain Montmory est que l’IA ne crée pas magiquement des experts. Elle amplifie ce qui existe déjà. Si vous avez une vraie expertise marketing, l’IA peut vous aider à la déployer plus vite, plus largement et avec plus de rigueur. Si vous partez de zéro sur un sujet, elle ne fera que produire des contenus superficiels qui donneront l’illusion de la maîtrise… sans la réalité derrière. Concrètement, l’auteur raconte comment il a passé plusieurs mois à décortiquer son agenda, tâche par tâche, pour voir où l’IA pouvait l’aider : rédaction ou reformulation d’emails, préparation de réunions, synthèses, analyse de retours clients, structuration d’articles, etc. Résultat : des gains de temps réels sur des activités à faible valeur ajoutée, mais surtout un gain en qualité lorsqu’il utilise l’IA comme sparring partner pour tester un ton, valider la clarté d’un message ou challenger une idée. L’exemple des personas dans ChatGPT est parlant : Sylvain crée différents profils (étudiant, directeur marketing, patron de PME…) et soumet un email à chacun pour voir comment il est perçu. L’IA sert alors de miroir, permettant de repérer des ambiguïtés, des maladresses ou des formulations contre-productives. On reste loin de la délégation aveugle : l’humain conserve la main, mais bénéficie d’un “assistant ultra rapide” pour l’aider à affiner ses messages. L’upskilling IA est d’ailleurs au coeur des préoccupations des ressources humaines aujourd’hui.Retrouvez un extrait du webinar avec Sylvain Montmory dont est extrait cet article ci-dessous
Sur-automatisation par l’IA, LinkedIn et facteur humain
Le webinar aborde aussi un sujet qui fâche : les dérives de l’automatisation, en particulier sur LinkedIn. Course aux vues, obsession de la fréquence de publication, comptes entièrement gérés par des outils, réponses automatisées aux commentaires… Un environnement où l’on écrit parfois davantage pour l’algorithme que pour des humains.
Sylvain rappelle que, dans ce contexte, l’IA est redoutablement efficace : qui mieux qu’un algorithme pour séduire un algorithme ? D’où cette prolifération de contenus moyens, produits en série, sans réel point de vue, souvent copiés-collés ou à peine reformulés. Certains parlent d’ailleurs de “copy-GPT” pour qualifier ces pratiques.
C’est là qu’intervient ce qu’il appelle le “putain de facteur humain” : ce moment où l’on a tellement poussé la logique d’optimisation et d’automatisation qu’on finit par vider le marketing de ce qui en fait le cœur, c’est-à-dire la compréhension des personnes, l’empathie, la nuance, le non-dit, le contexte. Un bot peut répondre instantanément à un commentaire, mais il ne saura pas forcément quand il est plus pertinent d’envoyer un message vocal, de décrocher son téléphone ou de proposer un café.
La fiabilité des IA : un “assistant” à encadrer
Autre point abordé sans langue de bois : la fiabilité des modèles. Les grands modèles de langage restent imparfaits, y compris lorsqu’ils citent leurs sources ou semblent très confiants. Les erreurs ne sont plus grossières comme au début, mais plus sournoises : mauvaise date, attribution erronée, étude mal interprétée, chiffre détourné de son contexte.
L’exemple du fameux “90% du contenu sur internet sera généré par l’IA en 2025” est typique : attribué à tort à une étude Europol, alors que la source réelle est bien plus fragile. Pourtant, l’affirmation a été reprise partout, y compris par des médias et des créateurs réputés sérieux, avant d’être réinjectée dans les IA qui, en la voyant partout, la “confirment”.
Dans ce contexte, les outils qui citent leurs sources (comme Perplexity ou d’autres solutions de recherche augmentée) ne dispensent pas de vérifier. Au contraire, des études montrent que les utilisateurs ont tendance à moins vérifier quand une IA semble “fiable” et “sourcée”, ce qui augmente le risque de propager des erreurs. L’image de “l’assistant” revient ici : rapide, utile, mais à relire systématiquement.
Plagiat, création et vide juridique
Le webinar revient également sur un sujet sensible : le plagiat facilité par l’IA. Plusieurs pratiques coexistent :
- D’un côté, un usage créatif, où l’on combine différentes sources, on ajoute sa propre analyse, ses exemples, ses nuances. C’est ce que Sylvain rapproche d’une démarche “centaure” : l’IA comme outil parmi d’autres pour nourrir une réflexion et produire un contenu original.
- De l’autre, des approches très problématiques : injection de livres entiers ou d’articles dans les outils, réécriture quasi mécanique, scraping systématique des contenus de concurrents pour générer des articles “optimisés”. Là, on se trouve clairement dans une logique de plagiat, mais les textes étant réécrits par les modèles, il devient extrêmement difficile de le prouver juridiquement.
Ce vide juridique représente une menace directe pour les créateurs, qu’il s’agisse d’auteurs, de journalistes, de formateurs ou de marques. On voit déjà des recours de grands médias contre des sites entièrement automatisés, construits sur du contenu aspiré-reformulé. Pour les marketeurs et les entreprises, cela pose une question simple : comment protéger sa production de contenus, tout en utilisant l’IA de manière responsable ?
FOBO, compétences moyennes et formation IA continue
En toile de fond, un sentiment traverse de plus en plus les équipes : le FOBO (Fear Of Being Obsolete) ou peur de devenir obsolète. Beaucoup se demandent si leur métier existera encore dans quelques années, ou s’ils pourront “suivre” le rythme de l’évolution technologique.
La réponse proposée dans le webinar est claire : la clé, c’est la formation continue et la montée en expertise. Les professionnels qui n’apportent qu’une valeur “moyenne”, essentiellement basée sur la maîtrise d’outils, seront effectivement plus facilement concurrencés par l’IA. À l’inverse, ceux qui approfondissent leur compréhension de leur marché, de leurs clients, de la stratégie, de la psychologie, des enjeux business auront un rôle renforcé et pourront utiliser l’IA comme multiplicateur de cette expertise.
Autrement dit, l’enjeu n’est pas uniquement d’apprendre à “bien utiliser ChatGPT”, mais de clarifier sa valeur ajoutée en tant que marketeur, communicant, consultant ou entrepreneur. L’IA devient alors un moyen d’étendre cette valeur, pas de la remplacer.
Vers une IA réellement au service du marketing
Ce webinar, comme le livre de Sylvain Montmory, ne se contente pas de dire que l’IA est “révolutionnaire”. Il invite à poser les bonnes questions :
- Où l’IA apporte-t-elle un vrai gain de qualité, pas seulement de vitesse ?
- Quelles tâches puis-je automatiser sans perdre ma valeur humaine ?
- Comment préserver la relation client, l’éthique et la confiance dans un contexte de sur-automatisation ?
- Quelles compétences dois-je renforcer pour rester indispensable dans un environnement augmenté par l’IA ?
C’est exactement cette approche qui est au cœur des formations IA proposées par Reboost Academy : partir du métier, des objectifs business et des contraintes terrain, puis intégrer l’IA comme catalyseur et non comme gadget ou substitut. L’enjeu n’est pas de devenir Iron Man, mais de devenir un centaure lucide, équipé… et résolument humain.
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